Marathon #1 : Mon premier ; le Marathon d’Helsinki – 15/08/2015

J’ai couru mon premier marathon le 15/08/2015, cela fait donc un peu plus d’un an et je pense que c’est le bon moment pour vous en parler, j’ai réussi à prendre suffisamment de recul sur cette expérience, à l’analyser, à me rendre compte de mes erreurs pour n’en tirer maintenant que du positif.

Préparation

J’ai commencé ma préparation pour le marathon en janvier 2015 mais en réalité, tout a commencé en octobre 2014. En effet, après le décès de mon grand-père j’étais dans une boucle négative, je me consolais dans la nourriture (pas saine évidemment) et je ne faisais pas de sport. Mais un jour, j’ai eu un déclic, je me suis dit que je ne pouvais plus continuer ainsi, que je mettais ma santé en danger. C’est donc comme ça que peu à peu, l’idée de faire quelque chose de grand me trottait dans la tête. Et au nouvel an, tout était clair dans ma tête, l’année 2015 serait l’année de mon premier marathon.

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J’ai commencé la course à pied en 2012, mais pour autant, l’année 2014 n’était pas une année où j’ai énormément couru, ainsi il a fallu reprendre à fond en 2015 et je partais de loin. Mais très rapidement j’ai retrouvé un bon niveau et de bonnes sensations. Au bout de quelques temps j’ai traversé une grosse période de doute, en effet ma périostite tibiale était de retour. Donc j’ai dû me calmer sur les sorties (j’ai réduit la durée de mes sorties) et je faisais une séance par semaine de kinésithérapie. Puis est arrivé le moment de mon premier semi-marathon, j’avais hésité à le courir comme je ne faisais plus autant de sortie qu’avant mais je me suis dit que ça allait passer. Malheureusement je me suis blessée lors de ce semi et je n’ai pas pu courir pendant un peu plus d’un mois. On était en avril-mai et autant vous dire que j’ai commencé à stresser pour ce marathon et que j’ai commencé à me dire que jamais je n’allais réussir à le courir.

Mais après cette pause, j’ai réussi à revenir plus forte, je n’avais plus de douleur, j’étais à l’aise lors de mes sorties. J’avais repris plein de confiance et j’étais impatiente d’en découdre. A la mi-juillet soit un mois avant mon marathon j’ai décidé de faire ma grosse sortie, celle qui allait me permettre de savoir si je pouvais tenir dans la durée et qui allait me donner une idée du temps que je pouvais réaliser. J’ai donc couru un 28,16km en 3h10min, j’étais ravie car je ne m’attendais pas à aussi bien faire, d’autant que j’étais sous une grosse pluie pendant toute la durée de ma sortie.

Ainsi à quelques semaines de mon marathon j’étais en pleine confiance et pour moi j’allais faire mon marathon en 4h30-5h. C’était sûr que j’allais y arriver.

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L’avant course

Dès mon réveil j’ai commencé à légèrement stressé mais c’est normal je pense. J’ai essayé de me nourrir au mieux ; ce n’était pas évident car le marathon d’Helsinki part l’après-midi, je n’avais pas trouvé de site internet qui indiquait comment se nourrir et à quelle heure car habituellement les marathons ont un départ en matinée. J’ai donc fait au mieux.

Mes parents et ma sœur avaient amené des drapeaux bretons pour que je puisse les repérer, de plus ma famille finlandaise s’était mise à divers endroits du parcours pour que je puisse les repérer.

J’ai rencontré des français un peu avant le départ, ils ont l’habitude de courir plusieurs marathons par an et ils m’ont dit qu’à chaque fois qu’il y a un stand pour se nourrir, il faut s’y arrêter et ils m’ont également mis du maquillage bleu blanc rouge sur mes joues et mes mollets, comme ça cela permet de se repérer et se soutenir entre français.

La course

Sur la ligne de départ je me suis positionnée entre les 4h30 et les 5h car pour moi c’est ce que je pouvais viser.

Au coup de départ, j’ai marché le temps que ça se disperse et que je puisse courir aisément, puis je me suis mise à courir à mon aise. Je ne me suis pas basée sur les autres mais seulement sur mes sensations. Je ne courrais ni trop vite, ni trop lentement, je courais à mon rythme et j’étais bien. Ce qui me plaisait beaucoup aussi dans le fait de faire un marathon c’est qu’on a le temps de regarder autour de soi, d’admirer le paysage. Et c’est ce que j’ai fait. Je n’avais pas pour but de faire une grosse performance, tout ce que je voulais c’était profiter du moment.

J’ai fait mon premier 10km en 1h09min, j’étais bien, ravie de l’ambiance et de voir ma famille sur le bord de la route. Au semi j’étais passé en 2h24min, j’étais donc dans mes temps, comme je l’espérais.

Mais le passage après le semi a été dur. J’ai commencé à mener un combat contre moi-même. D’abord cela a été compliqué psychologiquement, car pendant le marathon d’Helsinki on fait deux fois la même boucle donc quand on est à la moitié on sait exactement ce qu’il nous reste à faire, on sait les étapes difficiles qu’on va devoir de nouveaux franchir… Mais ce point n’a pas été le plus compliqué ; le plus difficile a été un peu avant le kilomètre 25, j’ai été prise de douleur horrible au niveau du ventre. Pendant un moment j’ai alterné marche et course à pied, mais à chaque fois que je me remettais à courir j’avais de nouveau de terribles maux de ventre. J’ai fini par marcher un moment puis j’ai vomi.

Après ce moment j’étais au plus mal j’ai essayé de me remettre à courir mais mes muscles étaient tellement crispés que je n’y arrivais plus, j’étais entre le vingt-cinquième et le trentième kilomètre et je réfléchissais sérieusement à abandonner. J’ai pleuré un moment car je voyais ce marathon comme un moment un peu idyllique, j’en avais tellement rêvé. Et là tout s’effondrait. J’étais vraiment en lutte contre moi-même. Puis à un moment je me suis rappelée que j’avais fait une collecte de fond pour donner des sous à une association et j’avais ma famille et des amis qui avaient donné de l’argent, je me suis dit que je ne pouvais pas abandonner comme ça, que ce n’était pas possible, que ça serait trop bête. J’ai donc regardé l’heure et le nombre de kilomètres que je devais encore faire ; pour valider la course il fallait faire moins de 6h, j’ai vu que même en marchant je pourrais y arriver, c’est donc ce que j’ai fait.

J’ai donc fini mon marathon en marchant, je l’ai terminé en 5h39min, 1h de plus que ce que j’aurais voulu. Mais pendant cette dizaine de dernier kilomètre j’ai été très soutenue autant par ma famille que par des inconnus. Quand les gens voyaient que j’avais les drapeaux français ils me disaient « bonjour », « bravo ». Un français s’est mis à marcher avec moi pendant environ 5km et je l’en remercie tellement.  L’arrivée dans le stade olympique d’Helsinki était merveilleuse. Le speaker a parlé en français et a dit « Bienvenue Emmi ». Cette fin de course m’a vraiment mis du baume au cœur après la grande déception.

L’après course

Juste après le marathon j’ai pu aller prendre une douche à la piscine olympique. Puis avec mes parents et ma sœur on est rentré au gite. J’avoue que le trajet en voiture m’a tué les jambes, il est effectivement déconseillé de s’assoir immédiatement. L’idéal aurait été de délasser mes jambes dans l’eau mais comme il était déjà 21h, il était trop tard pour faire quoique ce soit. Néanmoins j’ai plutôt bien récupéré. Evidemment dès le lendemain j’avais d’énormes courbatures, c’était dur de marcher. Mais l’important c’est que je ne m’étais pas blessé. Cinq jours après le marathon j’ai recommencé à courir (seulement un 2 km), mais ça m’a rassuré de voir que je pouvais de nouveau courir.

Retour d’expérience

Je vous mentirais si je vous disais que juste après la course j’étais fière de moi. Tout le monde avait beau me dire que c’était exceptionnel d’être allée jusqu’au bout, je ne le voyais pas du même œil. Pour moi au départ je n’avais pas fait un marathon car je n’avais pas couru tout du long, peu importe ce qu’on me disait, c’était simplement un échec. J’ai même eu très honte de dire mon temps car comme je voulais faire 1h-40min de mieux, mon temps était vraiment trop mauvais.

Je pense que le souci c’est que j’ai vraiment trop idéalisé ce moment, j’étais invincible, rien ne pouvais m’arriver. La chute a donc été très dur. On voit souvent des histoires de personnes qui commencent à peine la course à pied et qui parviennent à aller jusqu’au bout. Je m’étais dit que moi avec tout l’entrainement que j’avais fait, j’allais forcément le réussir d’une belle manière.

Maintenant je commence enfin à être un peu plus fière de moi car j’ai malgré tout réussi à franchir la ligne d’arrivée malgré les douleurs physiques et mentales que j’ai subi au long de cette course. Ce n’est pas évident de se battre et de se dire que malgré tout on peut aller jusqu’au bout, que ce ne sera pas à la hauteur de ses espérances mais qu’il faut quand même tout donné.

J’ai pleuré à la ligne d’arrivée, j’ai était déçu à la fin mais maintenant je suis fière. Et je me dis que maintenant je ne peux que faire mieux, car oui c’est décidé, je veux de nouveau faire un marathon.

Il ne faut jamais se dévaloriser, c’est trop bête. On se construit avec les échecs, on ne se détruit pas, donc un échec c’est toujours l’occasion de faire mieux la fois suivante.

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